ReDisco : l’indépendance au service du collectif

Auteur : Marine Chambon
12 mai 2025
Céline Lepage - Déléguée générale Témoignage

“Les indépendants ont toujours été en première ligne quand il s’agit de faire bouger les lignes. ReDisco en est la preuve”. Extrait de l’interview de Céline Lepage, déléguée générale de la FÉLIN. La Fédération Nationale des Labels et des distributeurs indépendants qui a lancé ReDisco, en juin 2023. 

Pourquoi avoir créé ReDisco, la 1ère filière de recyclage de disques ?

ReDisco est né d’un constat simple : la loi AGEC impose le don ou le recyclage des disques invendus, mais aucune filière de recyclage n’existait en France. En tant que fédération engagée et pragmatique, la FÉLIN ne pouvait pas rester spectatrice. Nous avons donc décidé de créer la première filière française de recyclage du disque.

Ce projet s’inscrit dans les valeurs fondatrices de la FÉLIN : défendre une musique indépendante, innovante et responsable. Avec ReDisco, nous ajoutons un nouvel outil concret à notre boîte : une réponse écologique et solidaire à un enjeu structurel de notre secteur.

La genèse de ReDisco repose sur une belle rencontre entre la FÉLIN, l’ESAT “Les ateliers vers l’autonomie” et une usine de recyclage plastique, tous animés par la même envie d’agir. Après une phase de tests concluants, nous avons été lauréats de l’appel à projets Alternatives vertes 2 – France 2030 (un plan d’investissement gouvernemental), ce qui nous a permis de passer à l’étape suivante.

ReDisco est ouvert à toutes les structures, indépendantes ou non, qui souhaitent recycler leurs disques. Et à terme, les particuliers pourront eux aussi s’y joindre. C’est une filière collective, construite depuis le terrain, qui pose les bases d’une nouvelle économie circulaire dans la musique enregistrée.

Quelles sont les perspectives d’évolution de ReDisco ?

Nous voulons aller bien plus loin que le simple recyclage. ReDisco vise à structurer un véritable marché autour du re-vinyle, un disque recyclé mais exigeant, qui conjugue sens, éthique et qualité.

Nous croyons que ce nouveau produit peut trouver sa place, à condition de faire évoluer les mentalités. Il faut déconstruire les idées reçues sur la qualité sonore, sortir le re-vinyle de l’ombre et en faire un vrai choix assumé. Cela passe par :

  • Des campagnes menées avec les artistes pour valoriser le re-vinyle
  • La création d’un label qualité re-vinyle, garant de performance et d’éthique
  • Une mobilisation des indépendants : en intégrant du re-vinyl dans leurs productions dès aujourd’hui

Nous développons aussi une plateforme digitale qui permettra de centraliser les demandes de recyclage, d’automatiser certaines tâches administratives et de suivre précisément le cycle de vie des disques.

L’objectif à long terme : structurer toute la filière de la musique enregistrée autour de la transition écologique.

Est-ce que ce projet d’envergure nationale pourrait être le pilote d’une structuration européenne voire internationale ?

Oui, clairement. Le recyclage du disque et la démocratisation du re-vinyle n’ont pas de frontière. Nous sommes déjà en dialogue avec nos homologues européens via IMPALA, et à l’échelle mondiale via WIN. MERLIN, notre partenaire international, soutient financièrement cette initiative, ce qui montre à quel point le sujet mobilise.

Les indépendants ont toujours été en première ligne quand il s’agit de faire bouger les lignes. ReDisco en est la preuve. Ce projet, né en France, peut devenir un pilote inspirant ailleurs. Il porte un message fort : celui d’une industrie musicale plus responsable, plus transparente et plus résiliente.

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